La dyshidrose est une affection cutanée fréquente qui touche principalement les mains et les pieds, provoquant de petites vésicules remplies de liquide, des démangeaisons intenses et parfois des douleurs. Également appelée eczéma bulleux ou pompholyx, elle évolue par poussées et peut considérablement altérer la qualité de vie quotidienne.
Dans cet article complet, nous explorons en détail la dyshidrose : sa définition précise, ses causes multiples, ses symptômes caractéristiques, les méthodes de diagnostic, les traitements efficaces et les mesures préventives pour limiter les récidives. Que vous en souffriez personnellement ou que vous souhaitiez simplement mieux comprendre cette pathologie, vous trouverez ici des informations fiables et actualisées.
C’est quoi la dyshidrose exactement ?

La dyshidrose est une forme particulière d’eczéma, dite palmo-plantaire, caractérisée par l’apparition de petites vésicules (cloques) remplies d’un liquide clair, profondément incrustées dans l’épiderme des mains et/ou des pieds. Elle est aussi connue sous les noms d’eczéma dyshidrosique, eczéma bulleux ou pompholyx.
Formes et zones touchées
Cette affection cutanée évolue toujours par crises aiguës, souvent saisonnières (pic au printemps et en été), et touche indifféremment hommes et femmes, principalement les adultes jeunes à d’âge moyen. Les zones concernées sont typiquement les paumes des mains, les plantes des pieds, les faces latérales des doigts et des orteils, et parfois les espaces interdigitaux.
On distingue plusieurs formes de dyshidrose selon la gravité :
- Forme simple : petites vésicules urticantes isolées
- Forme bulleuse : fusion des vésicules en bulles plus grosses
- Forme hémorragique : rare, avec du sang dans les bulles
Bien que non contagieuse, elle peut être chronique et récidivante, avec des poussées diminuant parfois avec l’âge
Les causes de la dyshidrose
L’origine exacte de la dyshidrose reste souvent inconnue (idiopathique), mais plusieurs facteurs déclenchants et aggravants ont été identifiés par les dermatologues. Elle n’est pas due à un champignon ou une infection contagieuse, contrairement à certaines idées reçues.
Facteurs déclenchants principaux
- Chaleur et sudation excessive (hyperhidrose palmo-plantaire) : explique le pic estival
- Stress émotionnel et anxiété : perturbe le système immunitaire cutané
- Allergies de contact : nickel (bijoux), cosmétiques, latex (gants), sels de chrome (cuir), colorants de chaussettes
Facteurs favorisants
Un terrain atopique (eczéma atopique, allergies), une mycose interdigitale (pied d’athlète), le tabac, l’alcool, certains médicaments (immunoglobulines), une exposition prolongée à l’eau ou irritants professionnels peuvent aggraver la dyshidrose.
Les symptômes de la dyshidrose
La dyshidrose se manifeste par des poussées soudaines, souvent symétriques, avec une durée de 2 à 4 semaines. Les symptômes principaux sont :
Symptômes précoces (1-3 jours)
- Petites vésicules (1-2 mm) remplies de liquide clair, profondément enchâssées
- Démangeaisons intenses et sensation de brûlure
- Rougeurs (érythème) autour des lésions
Évolution (après 1 semaine)
- Fusion en bulles plus grosses (formes bulleuses), suintement possible
- Desquamation, croûtes brunes, fissures douloureuses
- Risque de surinfection bactérienne (staphylocoque) ou virale (herpès)
Les crises peuvent être légères ou sévères (douleur invalidante, limitation des activités).
Diagnostic de la dyshidrose
Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique par un dermatologue, qui identifie les vésicules typiques et recherche les facteurs déclenchants.
Examens complémentaires
- Tests d’allergie (patch-tests) : pour détecter allergies de contact
- Examen mycologique : prélèvement entre orteils pour mycose
- Biopsie cutanée : si doute (psoriasis pustuleux, gale, dermatite atopique)
Les traitements de la dyshidrose
Le traitement vise à soulager les symptômes, accélérer la guérison et prévenir les récidives. Les formes légères peuvent disparaître spontanément en 2-3 semaines.
Traitements locaux (première ligne)
- Crèmes corticoïdes topiques : appliquées 1-2 fois/jour, efficaces en quelques jours
- Enveloppements humides (wet wrapping) : pour formes sévères
- Immunosuppresseurs topiques (tacrolimus) si résistance
Traitements en cas de complications
Traitements systémiques (formes sévères/récidivantes)
- Corticoïdes oraux (court terme)
- Photothérapie UVB
- Immunosuppresseurs systémiques (rarement)
- Ionophorèse ou toxine botulique pour hyperhidrose
Traitements naturels et soins d’appoint
- Hydratation intensive : crèmes grasses/émollientes pour réparer la barrière cutanée
- Compresses froides/humides : calmer démangeaisons
- Gel d’aloe vera : cicatrisation
- Cataplasmes à l’avoine colloïdale : apaisant
- Éviter de percer les bulles (sauf grosses, avec aiguille stérile)
Prévention et conseils au quotidien
Mesures hygiéno-diététiques
- Identifier/éviter déclencheurs (allergènes, chaleur, stress)
- Sécher soigneusement mains/pieds après lavage
- Changer chaussettes quotidiennement
- Porter gants coton sous gants de travail
- Douches tièdes, savons doux sans parfum
- Arrêt tabac/alcool
Gestion du stress
Relaxation, méditation, activité physique pour réduire les poussées liées à l’anxiété.
Consultez un dermatologue en cas de récidives fréquentes pour suivi personnalisé.
Dyshidrose chez l’enfant et complications
Plus rare chez l’enfant (surtout atopiques), traitement adapté avec corticoïdes doux. Chez l’adulte, complications possibles : surinfections, fissures chroniques, limitation fonctionnelle professionnelle.
À retenir sur la dyshidrose
La dyshidrose est un eczéma récidivant des mains/pieds, favorisé par chaleur, stress et allergies, traité efficacement par corticoïdes topiques et mesures préventives. Un diagnostic dermatologique précoce limite les récidives et améliore la qualité de vie.



