
Le début de l’année 2026 révèle un paysage français marqué par une profonde défiance envers les élites politiques, une tendance qui s’est creusée tout au long de 2025. Tandis que les musiciens, sportifs et hommes d’affaires populaires dominent les classements de personnalités préférées, c’est l’impopularité massive des politiques au pouvoir qui frappe avec force. Découvrez qui sont vraiment les personnalités les plus détestées par les Français selon les sondages les plus récents et ce qu’ils révèlent sur l’état de la France.
Le classement complet des personnalités : quand les détestés deviennent visibles par l’absence
Les personnalités préférées des Français : le reflet d’une société fragmentée
Selon le sondage Ipsos de décembre 2025, le classement des 50 personnalités préférées des Français révèle une fragmentation remarquable : seules trois catégories émergent vraiment—les sportifs, les musiciens et les hommes d’affaires populaires—tandis que les politiques au pouvoir sont pratiquement absents.
Top personnalités par domaine (décembre 2025) :
Diplomatie internationale : Donald Trump (52%), Vladimir Poutine (36%), Volodymyr Zelenski (26%), Elon Musk (13%), Benjamin Netanyahu (11%)
Sport : Léon Marchand (35%), les frères Le Brun (32%), Kylian Mbappé (25%), Ousmane Dembélé (21%), Pauline Ferrand-Prévost (13%)
Culture et musique : Aya Nakamura (23%), Gims (21%), Orelsan (17%), Adèle Exarchopoulos (15%), Vanessa Paradis (14%)
Politique française : Jordan Bardella (34%), Nicolas Sarkozy (29%), Emmanuel Macron (23%), Marine Le Pen (18%), Sébastien Lecornu (16%)
Société civile (affaires, médias, engagement) : Michel-Édouard Leclerc (35%), Léa Salamé (28%), Boualem Sansal (17%), Line Renaud (17%), Gabriel Zucman (16%), Arthur (16%)
Ce qui saute aux yeux : aucun ministre de la majorité présidentielle, aucun député gouvernemental ne figure parmi les 50 personnalités préférées des Français. La classe politique macroniste, entièrement absente, contraste brutalement avec les hommes d’affaires influents qui occupent une place valorisée dans la société française.
Les politiques au pouvoir : l’impopularité record d’un système défaillant
Emmanuel Macron : l’écroulement du président
Emmanuel Macron atteint des niveaux d’impopularité pratiquement inédits depuis son élection en 2017. Selon le sondage Elabe de janvier 2026 :
16% des Français déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes du pays, soit un recul de 2 points en un mois et la deuxième mesure la plus basse enregistrée depuis 2017, à égalité avec novembre.
En parallèle, 79% des Français déclarent ne pas lui faire confiance (+3 points), dont 54% « pas du tout » confiance—un niveau quasi inégalé depuis le pic d’octobre (59%).
Cette dégringolade reflète plusieurs facteurs cumulatifs : la hausse du chômage (+3,9%, la plus forte baisse en une décennie), l’instabilité gouvernementale chronique (trois gouvernements en trois mois), les dissolutions du Parlement à répétition, et un climat de méfiance généralisé envers sa gestion de la crise économique et politique.
Le plus révélateur : Emmanuel Macron enregistre une forte baisse auprès des cadres (18%), une catégorie qui avait longtemps soutenu son projet de modernisation. Chez les Franciliens, région qui le soutient habituellement, sa confiance chute à 19% (-7 points).
Au sein de son propre électorat du second tour, seuls 32% maintiennent leur confiance en lui, en baisse de 4 points.
Sébastien Lecornu : le premier ministre qui remonte, mais de quel niveau bas
Premier ministre depuis décembre 2024, Sébastien Lecornu avait établi un record peu enviable : être le premier ministre le moins populaire dès le début de son mandat. Selon le sondage Toluna-Harris Interactive de novembre 2024, il ne recueillait que 20% de confiance, le score le plus bas pour un Premier ministre débutant depuis la création de cette statistique.
Cependant, en janvier 2026, sa cote progresse : 24% de confiance (hausse de 4 points), ramenée à un niveau moins catastrophique. Néanmoins, 63% de défiance (baisse de 4 points) indique que le Premier ministre demeure largement détesté.
Ce qui est remarquable : Lecornu jouit d’une bien meilleure image que Macron auprès de l’électorat présidentiel. 60% des électeurs de Macron lui font confiance, tandis que seulement 48% font confiance au Président lui-même—une inversion spectaculaire qui révèle l’incapacité du chef de l’État à incarner la solution.
Gérald Darmanin, Bruno Retailleau et Gabriel Attal : le cœur du gouvernement critiqué
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin recueille 30% de bonne image en janvier 2026, impliquant une défiance de 70%. Sa cote progresse légèrement (+2 points), mais demeure parmi les plus faibles du gouvernement.
Bruno Retailleau, leader républicain et ministre de la Défense, n’atteint que 26% de bonne image(+2 points en janvier), soit 74% de défiance. Cette faiblesse révèle l’effondrement du soutien au sein de sa propre famille politique (Les Républicains), qui ne le soutient qu’à 47%.
Gabriel Attal, ministre des Armées, enregistre une nette progression (+4 points en janvier pour atteindre 31%), après avoir chuté de 6 points au cours des deux mois précédents. Cette volatilité indique une image très instable, sans assiette solide.
Les figures de la gauche : l’effondrement du leadership progressiste
La gauche française n’échappe pas au désastre politique de 2025. Selon Elabe janvier 2026 :
François Ruffin : 45% de bonne image (+3 points), en tête à égalité avec l’ancien président François Hollande (45%, +1 point). Ruffin devient ainsi la personnalité de gauche la plus appréciée, une position remarquable pour un insoumis relativement marginal.
Fabien Roussel : 43% de bonne image (-7 points). Chute spectaculaire qui traduit l’effondrement du Parti Communiste français, dont il est le leader.
Raphaël Glucksmann : 23% de bonne image (+2 points), émergant comme « première personnalité de gauche » au sein de l’observatoire politique global, mais avec un score modeste traduisant une faible visibilité.
Jean-Luc Mélenchon : 38% de bonne image (-7 points). Déclin marqué qui traduit l’usure du leader insoumis, malgré une progression soudaine de +10 points le mois précédent révélant une volatilité de l’opinion.
Aucun de ces politiques de gauche n’apparaît dans le top 50 des personnalités préférées des Français, indiquant qu’être « populaire parmi les électeurs de gauche » n’équivaut aucunement à être aimé des Français en général.
Les hommes d’affaires et figures civiles : les grands gagnants de la préférence publique
Contrairement aux politiques, les figures du monde des affaires et de la société civile connaissent un soutien remarquable.
Michel-Édouard Leclerc : le patron de la distribution incarnant le bon sens
Michel-Édouard Leclerc, président du groupe Leclerc et figure majeure du commerce français, s’impose nettement comme la première personnalité de société civile avec 35% de citations. Il devance largement Léa Salamé et figure parmi les tops des catégories populaires.
La popularité de Leclerc reflète une préférence pour les hommes d’affaires qui affichent une certaine forme de populisme économique et d’engagement envers les consommateurs. Le groupe Leclerc, avec son modèle coopératif de petits propriétaires indépendants, incarne une vision alternative du capitalisme français que les citoyens apprécient face au déni des politiques.
Gabriel Zucman : l’économiste critique en ascension
Gabriel Zucman, économiste connu pour ses critiques de l’évasion fiscale, recueille 16% de citations parmi la société civile et jouit d’une popularité remarquablement élevée chez les électeurs de gauche (25% chez les sympathisants LFI, 33% chez les électeurs EELV).
Zucman incarne l’expertise technique et critique que les Français valorisent : un homme de connaissance, pas un politicien, apportant des solutions conceptuelles aux grands problèmes économiques.
Léa Salamé : la figure médiatique émergente
Léa Salamé, animatrice et figure de la France de demain, recueille 28% de citations et domine largement chez les moins de 50 ans (plaçant les 18-24 ans à 25%, les 25-34 ans à 36%).
Sa popularité révèle que les Français valorisent les figures médiatiques indépendantes, qui incarnent une certaine modernité et qui ne sont pas enfermées dans les arcanes du pouvoir politique traditionnelle.
Le phénomène Bardella-Le Pen : une exception remarquée
Singularité stupéfiante du paysage politique français : Jordan Bardella et Marine Le Pen demeurent les seules figures politiques à conserver une certaine image positive parmi les plus citées.
Jordan Bardella : 39% de bonne image en janvier 2026 (+1 point), demeurant en tête du classement politique français. Dans le classement global des personnalités Ipsos, il recueille 34% des citations, devançant Nicolas Sarkozy (29%) et Emmanuel Macron (23%).
Marine Le Pen : 34% de bonne image en janvier 2026 (+1 point), en deuxième position du classement politique. Ipsos la place à 18% des citations dans le classement global.
Cette anomalie révèle une vérité taboue : le Rassemblement National bénéficie d’une certaine crédibilité auprès des Français précisément parce qu’il n’a jamais tenu le pouvoir à l’échelle nationale. L’opposition offre toujours une alternative crédible en France, tandis que les sortants sont systématiquement discrédités.
Chez les électeurs du Rassemblement National, Bardella conserve une confiance massive de 88% (-3 points en janvier), tandis que Le Pen jouit de 85% (-5 points)—des niveaux inégalés pour toute autre figure politique dans sa base électorale.
Les influences mondiales : Donald Trump comme personnalité marquante
Donald Trump s’impose comme la personnalité mondiale la plus marquante de 2025 avec 52% des citations dans la catégorie diplomatie internationale. Il domine chez tous les groupes démographiques et atteint des scores impressionnants auprès des jeunes comme des retraités.
Ce qui est révélateur : même chez les électeurs de gauche français (La France Insoumise), Trump recueille 46% des citations, tandis que chez les électeurs du Rassemblement National, il culmine à 63%. Donald Trump bénéficie d’une popularité transversale en France, reflétant soit une fascination pour son leadership disruptif, soit une perception que lui aussi offre une alternative au système établi.
En contraste, Elon Musk (13%) et Benjamin Netanyahu (11%) captent bien moins l’attention, suggérant que les Français valorisent les figures politiques disruptives sur les entrepreneurs ou les figures géopolitiques traditionnelles.
Les sportifs et musiciens : refuge de la préférence publique
Les domaines du sport et de la musique offrent un refuge à la préférence des Français, loin des politiques détestées.
Léon Marchand, nageur français champion olympique, s’impose avec 35% des citations dans le top sport, incarnant l’excellence nationale et l’apolitisme.
Aya Nakamura (23%), Gims (21%) et Orelsan (17%) dominent la catégorie culture/musique, reflétant les goûts d’une France urbaine et jeune où la musique urbaine prédomine.
Ces figures sportives et culturelles offrent une échappatoire à l’anxiété politique en incarnant l’excellence sans dimension partisane.
Le classement des détestés : par la négative
Bien que les sondages ne publient pas explicitement un « top des plus détestés », on peut en déduire la hiérarchie de défiance par l’absence ou les faibles scores :
| Rang | Personnalité | Type | Confiance | Défiance |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Emmanuel Macron | Politique | 16% | 79% |
| 2 | Gérald Darmanin | Politique | 30% | 70% |
| 3 | Bruno Retailleau | Politique | 26% | 74% |
| 4 | Gabriel Attal | Politique | 31% | 69% |
| 5 | Sébastien Lecornu | Politique | 24% | 63% |
| 6 | Édouard Philippe | Politique | 32% | 68% |
| 7 | Fabien Roussel | Politique | 43% | 57% |
| 8 | Jean-Luc Mélenchon | Politique | 38% | 62% |
Les causes sous-jacentes : bien au-delà des personnalités
La crise de confiance systématique
Les sondages de janvier 2026 révèlent une crise de confiance générale envers la classe politique française, indépendante des couleurs politiques. Cette crise trouve ses racines dans :
- L’instabilité gouvernementale : trois gouvernements en trois mois (Barnier, Bayrou, Lecornu), donnant l’impression d’une France ingouvernable
- La hausse du chômage (+3,9%), pire baisse en dix ans
- L’inflation persistante et l’érosion du pouvoir d’achat
- La polarisation accrue autour de sujets sociétaux sans solution évidente
- La perte de crédibilité envers le bloc macroniste, perçu comme responsable de ces débâcles
L’émergence d’une préférence pour les outsiders
Les sondages révèlent une préférence systématique pour les outsiders : Donald Trump à l’étranger, Bardella en France, Leclerc parmi les affaires, Zucman parmi les intellectuels. Les Français cherchent désormais une alternative crédible au bloc au pouvoir.
La fatigue démocratique française
Un autre phénomène note la « fatigue démocratique » des Français, reflétée dans le rejet massif de toute la classe politique gouvernementale. Après deux élections législatives, une dissolution du Parlement et un contexte de crise économique persistante, les Français expriment un rejet systémique non pas d’un politicien en particulier, mais de l’ensemble du système politique français.
Conclusion : un système en crise d’autorité
En janvier 2026, les personnalités les plus détestées par les Français ne sont pas des célébrités scandaleuses ou des influenceurs controversés : ce sont les détenteurs du pouvoir politique. Emmanuel Macron avec 79% de défiance, Gérald Darmanin avec 70% de défiance, et la quasi-totalité de la classe politique gouvernementale établissent un record d’impopularité.
À l’inverse, les hommes d’affaires (Leclerc), les figures médiatiques (Salamé), les économistes critiques (Zucman) et les sportifs incarnent une form de refuge où les Français projettent leur préférence pour l’excellence apolitique et l’expertise technique.
Cette désaffection généralisée ne traduit pas simplement un rejet d’individus, mais un rejet systémique de la classe politique française elle-même. Le fait que seules deux figures politiques (Bardella et Le Pen) figurent parmi les 50 personnalités les plus appréciées, tandis que des chanteurs (Gims, Orelsan), des sportifs (Marchand, Mbappé) et des hommes d’affaires (Leclerc, Zucman) dominent massivement, révèle une fracture profonde entre une élite politique déconsidérée et une société en quête d’alternatives.
À partir de 2026, le système français traverse une crise d’autorité majeure, où la détestation des politiques au pouvoir a atteint des niveaux sans précédent, et où aucune figure politique ne peut offrir une confiance durable et large sauf ceux qui promettent un changement systémique—une recette électorale dangereuse pour la stabilité démocratique française.



