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Paris, le 16 juillet 2026 – La Coordination des Associations et des Particuliers pour la Liberté de Conscience (CAP LC), organisation dotée d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC, a déposé une déclaration écrite auprès du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies. Le texte porte sur les conséquences internationales de la stigmatisation qui vise les membres de Shincheonji Église de Jésus, un mouvement chrétien originaire de Corée du Sud.

Selon CAP LC, des informations diffusées depuis la Corée du Sud influencent désormais, dans plusieurs pays, certaines décisions administratives concernant cette communauté. L’organisation appelle les autorités publiques à fonder leurs décisions sur des faits établis et des preuves vérifiables, dans le respect de l’État de droit. Au-delà du cas de Shincheonji, CAP LC pose une question de portée universelle : une minorité religieuse peut-elle être jugée sur la base de perceptions contestées plutôt que sur des éléments objectifs ?

Des répercussions au-delà de la Corée du Sud

CAP LC cite plusieurs situations observées en Europe. Au Royaume-Uni, l’organisation évoque le refus d’enregistrer Shincheonji comme organisation caritative, une décision accompagnée de l’usage du terme « secte », qui entretient une image négative de la communauté. En Allemagne et dans d’autres pays germanophones, CAP LC rapporte des discriminations qui touchent certains membres dans leur vie professionnelle et sociale, dans un contexte de couverture médiatique défavorable et de publication d’un ouvrage critique en 2025.

Pour l’organisation, ces situations illustrent les conséquences concrètes d’appréciations fondées sur des informations à la valeur probante contestée : exclusion sociale, atteintes à la réputation et restrictions de la liberté de religion. Un rapport conjoint soumis par United for Human Rights et CAP LC lors de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme, tenue entre le 15 juin et le 10 juillet 2026, documente pour la seule année 2025 des cas de confinement, d’interférence dans les communications, de menaces et de harcèlement psychologique visant des membres du mouvement.

La procédure judiciaire en Corée du Sud

La déclaration revient sur la procédure qui vise le président de Shincheonji, Lee Man-hee, âgé de 95 ans. Il se trouve actuellement détenu dans le cadre d’une enquête sur des violations présumées de la législation relative aux partis politiques. Un mandat d’arrêt a été délivré le 24 juin, suivi d’une mise en examen le 29 juin.

Sans se prononcer sur le fond, CAP LC rappelle que toute personne poursuivie bénéficie de la présomption d’innocence et que toute privation de liberté doit respecter les principes de nécessité et de proportionnalité. L’organisation s’interroge sur la nécessité du maintien en détention d’une personne de cet âge, alors que de nombreux éléments matériels ont déjà été rassemblés par les enquêteurs.

Un débat académique relance la controverse à Rome

Le 3 juillet, quelques jours après l’arrestation, une session consacrée à Shincheonji s’est tenue à Rome, à l’Université LUISS, dans le cadre de la neuvième conférence annuelle de l’European Academy of Religion. Plusieurs chercheurs, dont le sociologue des religions Massimo Introvigne, fondateur du CESNUR, y ont présenté des travaux sur l’histoire du mouvement, sa réception médiatique et son développement en Europe et en Amérique latine.

Dans son compte rendu publié par Bitter Winter, Massimo Introvigne relève que la détention d’un dirigeant religieux d’un âge aussi avancé pour des accusations ne comportant aucune violence a pesé sur toute la rencontre. Plusieurs intervenants, dont l’avocate spécialiste des droits humains Rosita Šorytė et le juriste londonien Alessandro Amicarelli, ont examiné la manière dont le terme « secte » circule dans les médias et les enquêtes parlementaires sans reposer sur une analyse contradictoire des faits. À l’issue de la session, les participants ont signé une lettre demandant la fin de la détention de Lee Man-hee, dont l’appel avait été rejeté quelques jours plus tôt.

Une question qui concerne toutes les minorités religieuses

Pour CAP LC, cette affaire dépasse le cadre d’une seule communauté. L’organisation invite les États, les juridictions et les institutions internationales à s’interroger sur les critères appliqués à l’évaluation des minorités religieuses, et à garantir que toute décision repose sur des preuves vérifiables plutôt que sur des perceptions héritées de campagnes médiatiques anciennes. Elle rappelle que la liberté de religion, l’égalité devant la loi et le droit à un procès équitable constituent des fondements essentiels des sociétés démocratiques.

Le cas Shincheonji illustre ainsi un enjeu plus large : la façon dont un État traite ses minorités religieuses, et la façon dont cette approche se propage ensuite à d’autres pays par la circulation de l’information, questionnent directement la solidité des garanties offertes aux libertés fondamentales à l’échelle internationale.

À l’heure où plusieurs instances internationales se saisissent du dossier, l’affaire Shincheonji rappelle que la vigilance envers les minorités religieuses ne relève pas d’un intérêt catégoriel, mais d’un principe universel : aucune communauté ne devrait subir de discrimination fondée sur des perceptions plutôt que sur des faits établis.

En savoir plus : Article de Massimo Introvigne

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