Le tribunal de commerce de Bordeaux a tranché ce jeudi 9 juillet 2026 en faveur du groupe Bricks pour la reprise de l’entreprise Canelés Baillardran, placée en redressement judiciaire fin avril dernier. La maison bordelaise, fondée en 1988 et devenue un symbole de la pâtisserie girondine, entame ainsi un nouveau chapitre de son histoire.
Une offre jugée la plus solide parmi quatre candidatures
Sur les quatre propositions déposées, le tribunal a retenu celle du groupe Bricks, la jugeant la mieux placée pour garantir la continuité de l’activité, l’exécution des engagements pris, le maintien des emplois et l’apurement des dettes. Le ministère public a par ailleurs souligné, dans le jugement rendu, que Christophe Sevin, aux côtés du président du groupe Cédric O’Neill, apporte une expérience adossée aux moyens financiers disponibles du groupe, ce qui offre de bonnes perspectives de reprise pour l’exploitation.
Concrètement, cette reprise permet de conserver 67 postes sur les 87 que comptait l’entreprise, ainsi que 11 boutiques sur les 16 réparties en Gironde et au Pays basque. Un résultat qui, sans effacer les pertes d’emplois et de points de vente, limite l’ampleur du plan social par rapport à ce qu’aurait pu produire une liquidation pure et simple.
Un rachat annoncé avec fierté par le repreneur
Dès l’annonce, Cédric O’Neill a pris la parole sur LinkedIn pour officialiser l’opération. Dans sa publication, le président du groupe Bricks insiste sur la dimension patrimoniale de Baillardran, qu’il présente comme bien plus qu’une marque bordelaise : une maison connue de tous les habitants de la région, un symbole du canelé et une partie du patrimoine gastronomique français. Il rappelle que la gastronomie porte l’histoire des territoires, des savoir-faire et des artisans, et que reprendre une maison de cette envergure constitue autant une fierté qu’une responsabilité.

Associé à Christophe Sevin dans cette opération, Cédric O’Neill fixe trois priorités pour la suite : préserver la maison, protéger les équipes en place et relancer le développement de l’enseigne. Le dirigeant évoque également une ambition de rayonnement au-delà de Bordeaux, sans toutefois détailler à ce stade les marchés ou les canaux de distribution visés.
Les prochaines étapes pour Baillardran
La validation du tribunal de commerce marque le point de départ officiel de la reprise, mais l’essentiel du travail reste à mener. Le groupe Bricks devra désormais organiser la transition opérationnelle, sécuriser la production dans les onze points de vente conservés et redéfinir une trajectoire de croissance pour une entreprise fragilisée par plusieurs mois de procédure collective. Le sort des seize salariés et des cinq boutiques non repris n’a pas été précisé dans le jugement.
L’affaire aura suscité une attention particulière à Bordeaux, où Baillardran occupe une place singulière dans le paysage commerçant local depuis près de quarante ans. Le dénouement judiciaire, favorable à la poursuite de l’activité plutôt qu’à une liquidation, est de nature à rassurer une partie des salariés et des clients attachés à la marque, même si l’ampleur de la restructuration à venir reste à mesurer dans les prochains mois.



