L’apprentissage a connu un essor spectaculaire ces dernières années, porté par des aides publiques massives destinées à soutenir l’emploi des jeunes et la formation en alternance. En 2026, le cadre évolue. Le gouvernement prévoit une nouvelle baisse des aides à l’embauche d’apprentis, dans un contexte de restriction budgétaire.
Objectif affiché : réaliser environ 200 millions d’euros d’économies dès 2026, puis jusqu’à 700 millions d’euros cumulés d’ici fin 2027.
Si vous êtes chef d’entreprise, responsable RH ou dirigeant de PME, cette réforme vous concerne directement. Montants revus à la baisse, modulation selon le niveau de diplôme, conditions spécifiques pour les grandes entreprises : le dispositif devient plus ciblé.
Voici un point complet et structuré pour comprendre ce qui change en 2026, comment optimiser votre recrutement en alternance et anticiper l’impact financier.
Ce qui change au 1er janvier 2026

En l’absence de vote d’une loi de finances en début d’année, l’aide à l’embauche d’un apprenti est, depuis le 1er janvier 2026, réservée aux entreprises de moins de 250 salariés pour les diplômes de niveau 3 et 4 (infra-bac et bac).
Le montant est actuellement maintenu à :
- 5 000 € pour la première année de contrat
- 6 000 € pour un apprenti en situation de handicap
Un décret à venir doit préciser les modalités définitives pour l’ensemble de l’année 2026.
Le projet présenté par le ministère du Travail introduit une modulation plus fine, selon deux critères :
- la taille de l’entreprise
- le niveau de diplôme préparé
Montants de l’aide à l’apprentissage en 2026
Le dispositif d’aide au recrutement d’un apprenti en 2026 serait structuré comme suit :
| Taille de l’entreprise | Formation jusqu’au bac | Formation bac +2 | Formation bac +3 et supérieur |
|---|---|---|---|
| Moins de 250 salariés | 5 000 € | 4 500 € | 2 000 € |
| 250 salariés et plus | 2 000 € | 1 500 € | 750 € |
Points essentiels à retenir :
- L’aide concerne uniquement la première année du contrat.
- Les montants diminuent à mesure que le niveau de diplôme augmente.
- Les grandes entreprises sont nettement moins soutenues financièrement.
Cette modulation traduit un recentrage budgétaire vers les formations de niveau bac et infra-bac, considérées comme prioritaires pour l’insertion.
Maintien du dispositif pour les apprentis en situation de handicap
L’aide pour le recrutement d’un apprenti reconnu travailleur handicapé reste fixée à 6 000 € pour la première année du contrat.
Ce montant est identique :
- quelle que soit la taille de l’entreprise
- quel que soit le niveau du diplôme
Ce dispositif vise à préserver l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.
Aides complémentaires possibles
Pour les employeurs du secteur privé :
- Aide Agefiph pouvant aller jusqu’à 3 000 €
- Cumul possible avec les aides de droit commun
Pour la fonction publique :
- Prise en charge jusqu’à 80 % du coût salarial via le FIPHFP
- Prise en charge des frais de formation dans la limite de 10 000 € par an
- Prime à l’insertion durable de 4 000 € en cas de CDI
Ces aides sont cumulables.
Qui peut bénéficier de l’aide ?
Les conditions varient selon la date de signature du contrat.
Pour les contrats conclus entre le 24 février 2025 et le 31 décembre 2025 :
- Les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient de l’aide sans condition particulière.
- Les entreprises de 250 salariés et plus doivent atteindre un seuil minimal d’alternants dans leur effectif.
À partir de 2026, le dispositif devient plus restrictif pour les grandes structures et pour les formations supérieures.
Modalités de versement de l’aide
Pour percevoir l’aide à l’embauche d’un apprenti, vous devez :
- Transmettre le contrat d’apprentissage à votre opérateur de compétences (OPCO) dans un délai maximum de six mois après sa conclusion.
- Attendre la validation du contrat.
- L’aide est ensuite versée automatiquement par l’Agence de services et de paiement (ASP).
Le versement est mensuel pendant la première année, avant le paiement du salaire.
L’avis de paiement est consultable via la plateforme SYLAé.
Cas de proratisation
Le montant est proratisé si :
- Le contrat dure moins d’un an.
- Le contrat est rompu durant la première année.
- L’exécution du contrat est suspendue avec rémunération nulle.
Il n’est pas possible de bénéficier deux fois de l’aide pour le même apprenti et le même diplôme.
Réduction générale des cotisations en 2026
L’aide directe n’est pas le seul levier financier.
Depuis le 1er mars 2025, le seuil d’exonération des cotisations salariales sur la rémunération des apprentis est abaissé à 50 % du Smic (contre 79 % auparavant).
Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif est renommé « réduction générale dégressive unique » (RGDU).
Cette évolution modifie le coût réel d’un apprenti et doit être intégrée dans vos simulations budgétaires.
Quel impact financier pour votre entreprise ?
La baisse des aides modifie l’équation économique.
Prenons un exemple simplifié :
- PME de 40 salariés recrutant un apprenti en BTS (bac +2).
- Aide prévue : 4 500 €.
En 2023, le montant aurait été plus élevé dans certains cas. L’écart représente plusieurs centaines voire milliers d’euros.
Pour une grande entreprise recrutant un apprenti en licence ou master, l’aide peut descendre à 750 €, soit un soutien marginal au regard du coût salarial total.
Il devient donc indispensable d’analyser :
- le niveau de diplôme préparé
- la durée du contrat
- l’exonération de charges applicable
- la stratégie de recrutement à long terme
Faut-il encore recruter un apprenti en 2026 ?
Malgré la baisse des aides, l’apprentissage conserve des avantages stratégiques :
- Formation adaptée aux besoins réels de l’entreprise
- Transmission des compétences internes
- Intégration progressive d’un futur collaborateur
- Possibilité de recrutement en CDI à l’issue du contrat
Dans un contexte de tensions sur certains métiers, former en interne peut rester plus rentable que recruter sur un marché pénurique.
La logique évolue : on passe d’un recrutement fortement subventionné à une démarche davantage orientée investissement en compétences.
Comment optimiser votre stratégie d’apprentissage
Pour sécuriser votre décision en 2026 :
- Anticipez le niveau de diplôme visé.
- Simulez le coût réel après aides et exonérations.
- Planifiez votre calendrier de signature pour bénéficier des dispositifs en vigueur.
- Vérifiez votre éligibilité via votre OPCO.
- Intégrez l’apprentissage dans une stratégie RH globale.
Une vision long terme permet d’absorber plus facilement la baisse des aides.
Conclusion : une réforme à intégrer dans votre pilotage RH
La nouvelle baisse des aides à l’embauche d’apprentis en 2026 marque une étape importante dans la politique publique de soutien à l’alternance.
Le dispositif devient :
- plus ciblé
- plus modulaire
- plus contraint budgétairement
L’apprentissage reste un levier performant de formation et de recrutement. Mais son attractivité financière dépend désormais davantage de votre capacité à anticiper et structurer votre démarche.
Avant de conclure un contrat d’apprentissage en 2026, prenez le temps d’analyser les montants applicables, les exonérations disponibles et l’impact global sur votre masse salariale.
Une décision éclairée aujourd’hui évite des ajustements coûteux demain.



